Julie et Rotem

Julie et Rotem
Le Fournil aux 4 Vents      

Pains - Biscuits - Brioches
Fontvieille

Julie et rotem devant leur four

1 Qu’est ce que vous aimez faire dans votre travail ?

R. J’aime la matière de la pâte à pain au levain, douce exigeante. Toute une chimie derrière. C’est musculaire et cérébral. Et puis il y a le feu…

J. C’est travailler seule, j’aime la solitude du fournil et j’adore le monde, les jours de marché. Une alternance.

 

2 Qu’est-ce qui vous pèse ?

R. Ranger le bois ! Le décharger du camion, le ranger, le couvrir d’une bâche. Puis les jours du pain, enlever la bâche, le couper, le rentrer dans le fournil, le ranger à nouveau. Beaucoup de manutention.

J. L’enjeu économique pèse, la pression financière : vendre assez pour y arriver. Et la rigueur permanente à maintenir dans le travail. C’est lourd et libérateur à la fois. La liberté a un poids.

 

3 Qu’est-ce qui a du sens, vous donne entière satisfaction ? Qu’est-ce que vous réussissez ?

R. On a tout fait nous-mêmes ! De la construction d’un fournil à Fontvieille à la mise en place des circuits de vente.

J. On met en application avec sincérité nos convictions. De l’état d’idée, passer à l’état de réalité. C’est un chemin à la fois personnel et politique, une conviction. Trouver une juste place.

R. Une collaboration avec l’environnement. Un souci : ne pas nuire. Et faire profiter les autres de ce qu’on sait faire, de qui on est. Ce projet a permis de mettre en application toutes les idées qu’on avait depuis longtemps : une économie circulaire, un produit bon et sain, du temps pour les amis.

 

4 Avez-vous des sujets de colère ?

On travaille ensemble, il nous faut donc trouver un équilibre entre notre vie de couple et le travail. Et on a des visions différentes !

 

5 Qu’elle est la première chose concernant le travail que vous faites le matin ?

J. La première chose ? Rafraichir le levain et mettre de la musique. Lancer les différentes pâtes : le mélange des ingrédients (sel et farine) qu’on a pesés la veille et contrôler la température de l’eau, c’est un calcul précis.

Le fait d’avoir le fournil sur place nous a beaucoup simplifié le matin. Avant on avait bien 1h30 de manutention avant de pouvoir s’accorder quelque chose à boire.

 

 6 Qu’elle est la dernière chose ?

R. Préparer les caisses en fonction des points de livraison. Mais surtout écouter, regarder, admirer le pain. Quand il sort du feu, il crépite.

J. On passe un bon moment à observer : du four au chariot la dernière vapeur s’échappe des pains. On les repasse dans les mains et on analyse pour s’améliorer. Après on met en caisse.

 

7 Comment en êtes-vous arrivés là ? Ce métier ?

J. Il y a une vraie histoire. J’avais des problèmes de digestion, sans explication de la part de la médecine, avec des solutions bourrées de contresens. Rotem avait du temps libre. On avait compris que ça tournait autour du pain.

R. J’ai commencé à faire le pain à la maison avec de la levure. J’ai cherché. Pourquoi le pain aujourd’hui est souvent un aliment toxique ? J’ai essayé avec le levain. Un travail passionnant. Je faisais un pain par semaine.

J. Des amis nous ont encouragés en goûtant le pain, à devenir paysans boulangers. Ça avait l’air possible. Rotem a fait une formation.

Et puis du courage et ne pas avoir froid aux yeux. Nous avons construit notre propre fournil : il s’est écoulé 2 ans et 9 mois entre la première pierre posée et la première fournée.

 

8  Est-ce que vous en vivez ?

J. A deux, non.

R. Pas encore.

J. Si on voulait on irait à Toulouse et on vendrait très cher. Mais on va à Réquista, Albi au plus loin, bientôt à Cassagnes, et à Trébas pour La Sauce Locale. On n’a pas envie de s’épuiser. On y va tranquille. On mise sur une courbe ascendante. On ne veut pas répondre à toutes les sollicitations et je refuse les marchés du dimanche.

 

9 En quoi peut-on vous être utile, nous, adhérents de la Sauce Locale ?

Déjà vous êtes à La Sauce Locale ! On n’a pas besoin d’aide pour mettre en œuvre notre travail. Non juste être là, discuter ensemble et être enjoué à l’idée d’un apéro paysan ce mois-ci et d’un bal en septembre prochain !